2 septembre 2021

Les retailers s’engagent dans le développement durable

Selon le baromètre annuel 2020 de l’association Max Havelaar, les Français sont de plus en plus attachés au caractère environnemental de la nourriture. Les enseignes et les marques se sont emparées des enjeux de responsabilité sociale et environnementale pour assurer leur résilience.

Le secteur du retail est très actif en matière d’innovation, de transformation technologique et d’excellence dans l’expérience d’achat. Cependant, suite à l’urgence sanitaire, les consommateurs ont changé leurs habitudes et critères d’achat. Ils sont à la recherche de sens et de transparence, et posent des questions sur le rôle et la responsabilité des enseignes sur les enjeux sociétaux, notamment ceux liés à la protection de l’environnement.

Dans ce contexte, les acteurs du retail décident de repenser leurs approches pour développer une nouvelle relation avec leurs clients. Le grand défi consiste à créer une expérience par l’émotion, à surprendre et à fidéliser les consommateurs. Pour ce faire, ils estiment qu’il est temps de parler du développement durable.

Cette prise de conscience pourrait s’articuler autour de plusieurs thématiques : la gestion de l’énergie et de l’eau, la gestion des déchets et le gaspillage alimentaire, la mobilité durable, la consommation responsable, l’économie circulaire et collaborative, la biodiversité et la sensibilisation des collaborateurs et des clients. Selon une étude européenne menée par Bazaarvoice, les retailers français investiraient 3,4 millions d’euros par an dans le conditionnement de leurs produits pour répondre aux nouvelles exigences environnementales des consommateurs.

La grande distribution s’engage dans le développement durable

Selon plusieurs études, les consommateurs préfèrent de plus en plus effectuer leurs achats auprès d’entreprises qui défendent leurs valeurs et leurs convictions personnelles. Les acteurs de la grande distribution ont donc un rôle indispensable à jouer dans une grande accessibilité de produits du quotidien de qualité et à prix juste.

C’est l’exemple de LIDL qui a ouvert un magasin qui répond aux normes énergétiques durables en janvier dernier à Chilly-Mazarin dans le 91 en Ile de France. Un supermarché qui a pour but d’améliorer le confort des clients et des collaborateurs tout en installant 1 200 m² de panneaux photovoltaïques, d’éoliennes et un éclairage 100% LED et adaptatif. Par ailleurs, afin de lutter contre le gaspillage alimentaire et notamment celui des produits frais, l’enseigne a chargé pour chaque magasin un responsable fraîcheur de contrôler chaque jour la qualité des denrées rapidement périssables.

De son côté, Carrefour signe une nouvelle campagne pour réaffirmer sa mission en faveur de la transition alimentaire après le lancement du programme Act for Food il y’a deux ans. Il s’agit de sensibiliser les consommateurs aux actions qu’ils peuvent mettre en place : acheter des fruits de saison… mais aussi celles menées par l’enseigne : soin dans la composition des produits, relation de proximité avec les producteurs, préférence aux éco-emballages…

Par ailleurs, E. Leclerc s’engage dans la réduction d’utilisation du plastique dans ses produits. Cela se traduit par la suppression du plastique quand c’est possible. Parmi les actions déjà menées, plus de 2 millions de fourchettes plastiques ont été enlevées des salades et plats à emporter. Le plastique a également été enlevé de toutes les lingettes et remplacé par une composition 100% végétale. Enfin, les bouteilles de jus de fruits Jafaden et Bio Village intègrent désormais jusqu’à 50% de plastique recyclé et la distribution en vrac de nombreux produits bio a été mise en place pour éviter les emballages plastiques.

Quant à Monoprix, l’enseigne a décidé d’arrêter totalement la distribution de ses prospectus papier face au constat qu’une grande part est jetée sans même être lue. Une action qui permet d’économiser 2400 tonnes de papier par an. Monoprix a ainsi souhaité faire évoluer sa communication en faisant désormais appel à la digitalisation de ses supports promotionnels et relationnels, une démarche plus respectueuse de l’environnement. Cet engagement permet ainsi à l’enseigne de participer à la préservation des forêts, à une moindre consommation d’eau et à la diminution des transports et émissions de CO2 en diminuant l’utilisation du papier.

Enfin, le distributeur Casino a ouvert un Casino bio dans la région parisienne dans le 92. C’est son premier magasin du genre, et le but est de décliner une version bio de son modèle de supermarché de proximité. L’enseigne poursuit sa phase de test avec désormais quatre magasins. Les trois nouveaux ont ouvert en fin d’année à Vals-près-Le-Puy (43), Arles (13) et Chenôve (21) en lieu et place des restaurants A la bonne heure, sur le parking ou au sein du centre commercial qui abrite le Géant Casino de la ville.

Ainsi, les clients peuvent y trouver des marques spécialistes du bio, des déclinaisons bio de grandes signatures, ainsi que les MDD Casino et Leader Price qui ont une large présence en linéaires pour rendre l’offre plus accessible.

L’impact de la Covid19 sur la transition alimentaire

Une étude de l’institut Nielsen, faite en 2020 après le premier confinement, révèle une progression de 63 % sur le bio. Des choix alimentaires qui ont été largement portés par les familles : « celles-ci, en temps normal, consomment plus de produits bio que le reste de la population. Aussi, en temps de confinement, sans cantine scolaire, elles cuisinent davantage à domicile et boostent les ventes », explique Antoine Lecoq, consultant analytique chez Nielsen.

Par ailleurs, selon la première étude issue de l’Observatoire Alimentation et familles de la Fondation Nestlé, manger sain et équilibré est une préoccupation majeure pour 70% des Français, 51% affirment qu’ils sont séduits par les aliments locaux ou produits en France et 45% disent plus souvent manger du bio quand ils le peuvent. 46% disent manger équilibré plus souvent et 39% disent être attentifs aux valeurs nutritionnelles des aliments plus souvent. De plus en plus sensibles aux compositions des produits, notamment industriels, 47% des personnes interrogées affirment lire plus souvent les étiquettes et 54% disent utiliser une application comme Yuka qui évalue le score nutrition d’un produit.

De plus, la lutte contre le gaspillage est devenue une priorité pour 48% des sondés. Pareil pour la question des emballages. 41% des Français disent plus souvent réduire leurs achats de produits emballés dans du plastique ou avec des suremballages.